L'enclos est, ce matin, paré comme une Dame ;
Le rose du pêcher fait penser au Japon,
Et, d'un corail léger, passemente la trame
De ta jupe, ô Nature, en Mars, encor jupon.
La brise, dans les parcs, fait frémir jusqu'aux bustes ;
Des bourgeons, plus légers qu'un flot de marabouts.
Cernent le vert naissant du chapeau des arbustes
Que l'on croirait coiffés par Madame Reboux.
Tous les ajustements évoqués, de Peau d'Âne,
Se préparent pour toi dans l'atelier d'Avril,
Au-dessus duquel l'ombre encourageante plane
De Doucet, le suave, ou de Worth, le subtil :
Les ruches des lilas, les Allants des glycines,
Garnitures mêlant les parfums aux couleurs,
Et le déroulement des blanches aubépines
Qui sont comme le point à l'aiguille des fleurs ;
Tout ce que l'on pourrait décrire en ces volumes
Où, des grands couturiers, s'exercent les ciseaux ;
Et tout ce que contient l'art des fleurs et des plumes
Avec ceci de plus, qu'y chantent les oiseaux.
Peut-être il te paraît que les nuances vertes
S'exagèrent un peu, dans ces réseaux, Gaïa ;
C'est l'Espérance, et ces parures sont offertes
A ceux que, sous l'ennui de vivre, elle égaya.
Quand aux bijoux, le lis en diamants, la rose ,
La perle du muguet, l'étoile du jasmin
S'enroule en bracelet, comme en bague, se pose,
Sur le vert de la feuille aux cinq doigts de ta main.