Un chasseur à l'affût de tout ce qui te plaît, Un jour te rapporta, gentille damoyselle, Ce pauvre oiseau perclus, rossignol incomplet, Musicien sans voix, volatile sans aile.
Sitôt qu'il t'aperçut, blanche avec des yeux bleus, A tes rouges rubans luisant comme une flamme, Certe, il crut réchauffer son plumage frileux Au soleil imploré que tout frisson réclame.
En effet, tu l'aimas de cet ardent amour Qu'ont aux enfants mal nés toujours voué les mères ; L'ailé Quasimodo fut heureux jusqu'au jour Où, lui-même, il t'apprit des prouesses amères.
Sur ton minime poing, ce faucon indigent Un peu trop agité, risque une fuite folle, Et te révèle ainsi l'attrait sans fin changeant D'un ailé cerf-volant et d'un volant qui vole ;
Dès lors, plus de répit pour cet oiseau martyr ; Un ruban ironique appesantit sa patte ; Sans cesse il faut marcher, sans but il faut partir, Et retomber debout comme un rare acrobate.
O despote enfantin, qui sait si ton oisel, Comme un cœur bien épris que l'amertume attache, Ne le préfère point, ce doux azur sans tache De ton regard, au grand azur universel ?
Qui sait si l'exilé de la fraîche ramée, Plutôt que l'essor libre, et les jeunes élans, Ne la choisirait point, sur son vol refermée La prison de tes bras, geôliers roses et blancs ?
Tels, un jour, attachés à ton doux esclavage, De plus tendres captifs, qui seront tes élus, Apprendront à goûter l'honneur de ton servage Dont leur docilité ne se souviendra plus !
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