Vous êtes un printemps de Botticelli, neuf ;
Vous êtes sa Vénus, jeune et modernisée.
La jupe en fleurs de l'une est un peu bien usée ;
L'autre, doit, aujourd'hui, savoir jouer l'éteuf.
La perle vous siérait, au toquet Charles-Neuf,
Sur les lacs d'un velours grenat, infinisée ;
Ou la robe à paniers de nuance anisée
Pour voir passer un Roi quelconque, à l'Œil de bœuf.
Votre parler est doux et votre voix est grave ;
Vos cheveux sont ornés, quand vous vous faites brave
Comme on disait jadis, dans le temps des Baïfs.
Et vos yeux, frissonnants comme sous une gaze,
Grisés d'un fin sourire ou noyés d'une extase
Semblent deux papillons palpitants et captifs.