Vos cheveux sont la Nuit, la Neige est votre front ;
Toujours ce blanc névé pâlit sous ce nocturne ;
Toujours ce noir nuage alimente cette urne
D'ivoire, dont le flot de jais ne s'interrompt.
Au troëne, au muguet votre chair fait affront ;
L'étoile du jasmin près d'elle est taciturne ;
Toute l'obscurité du signe de Saturne
Coiffe cette candeur que les lys envieront.
La Foi tordrait sa croix, l'Espérance son ancre,
La Charité son cœur, bien avant que cette encre
Ne se mêle à ce lait qui nous charme et nous nuit.
Et nous, spectateurs fous ou sages que nous sommes,
Nous quittons le manger, et le boire, et les sommes
Pour voir ce beau combat de la Neige et la Nuit !