De Grieg ou de Henselt, de Bramhs ou de Tausig ?
De qui la ravissante et bizarre mazoure
Dont mon ressouvenir pour jamais s'énamoure,
Et dont l'art singulier, au travers d'un chemin,
Me vint saisir, un soir, par l'âme et par la main ;
Comme un filon de voix, lointain, ensemble et proche ;
Musique, dans les airs, éparpillée et floche ;
Des accords caressants, des chants contrariés,
Variés, mariés et désappariés,
Avec un lied suave, éloigné, qui s'obstine,
Dont, en la mélodie, erre l'aile intestine,
Pour toujours revenir heurter au clair mica
De la touche vibrante aux pleurs d'harmonica.
Tel, mon ressouvenir pour jamais s'énamoure
De cette ravissante et bizarre mazoure
De Tauzig ou de Brahms, de Henselt ou de Grieg ?