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1896

MONSTRA TE ESSE MATREM

Robert MONTESQUIOU

O Nature ! Nature, on devrait te haïr ! Toi qui maudis Jésus de t'ôter une proie, Et qui guettes sans fin la Fille de Jaïr Pour en faire une fleur en ton règne qui broie.

Insensible, les yeux fermés sur l'Idéal Dont nous édifions toutes nos erreurs saintes, Tu n'as que deux pensers en tête : Floréal Et Putréfaction : la Rose et les Helminthes.

Au point que l'on ne sache — à travers notre pleur Ainsi nous tâtonnons par les choses sacrées, Si, dans la pâte auguste, où tu perds et tu crées. Tu veux la fleur pour l'homme, ou l'homme pour la fleur.

La Pourriture et la Floraison : cause, effets ; Ton cruel parti pris ne voit pas autre chose. Il faudrait, au printemps, trembler devant la rose En songeant aux moyens affreux dont tu la fais !

Et ton manège sourd, aveugle, monotone, Sous les rouages durs de l'été, de l'hiver ; Dans l'engrenage fin du printemps, de l'automne. Assimile la fleur à la vermine : Ver !

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