Les éventails anciens sont des papillons vastes
Qui viennent palpiter sur des femmes en fleur ;
Et leurs doux battements voluptueux, ou chastes
Font miroiter leur aile où s'endort la couleur.
Or, ils se sont posés sur Marie-Antoinette,
Sur Pompadour qui danse et sur la du Barry ;
Et leurs plis ont gardé la mémoire très nette
De ce qui, sous leur flamme, ou leur ombre, a souri.
Mais ce papillon peint tient encor de l'abeille ;
Et, du cœur de la femme, il extrait en tremblant
Un miel mystérieux, lorsque sur la corbeille
Des beautés dans le bal, il rythme son vol lent.