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1896

LXXVIII

Robert MONTESQUIOU

Les éventails anciens sont des papillons vastes Qui viennent palpiter sur des femmes en fleur ; Et leurs doux battements voluptueux, ou chastes Font miroiter leur aile où s'endort la couleur.

Or, ils se sont posés sur Marie-Antoinette, Sur Pompadour qui danse et sur la du Barry ; Et leurs plis ont gardé la mémoire très nette De ce qui, sous leur flamme, ou leur ombre, a souri.

Mais ce papillon peint tient encor de l'abeille ; Et, du cœur de la femme, il extrait en tremblant Un miel mystérieux, lorsque sur la corbeille Des beautés dans le bal, il rythme son vol lent.

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LXXVIII · Robert MONTESQUIOU · Poetry Cove