Skip to content
1896

L'INSEXUELLE

Robert MONTESQUIOU

L'Automne est jumeau, L'Automne est double ; Cuivre et chalumeau, Il charme et trouble.

Topaze et béryl, Il se gémine ; Tout d'abord viril, Il s'effémine.

L'Automne est sanglant, L'Automne est rousse ; L'Automne est troublant, L'Automne est douce.

L'un a la rougeur, L'autre est neigeuse ; L'un étant vengeur, L'autre est songeuse.

Il cesse, odieux ; Elle, s'achève ; Il est plein d'adieux, Elle, de rêve.

Il est tout accent, Elle est tout charmes ; Il pleure du sang, Elle, des larmes.

Les jours révolus Vont-ils renaître ? Il dit : « jamais plus ! » Elle : « peut-être ! »

Des rêves ailés, Et de l'étoile, S'ils sont envolés, Qu'elle se voile,

Que restera-t-il Dans l'âme grave, Quoi de bien subtil, De bien suave ?

Des amours finis, Qu'est-ce qui tombe ?,.. — Elle court aux nids ; Lui, sur la tombe.

Elle, dans les fleurs, Lui, dans les brumes, Trouvent, l'un des pleurs ; L'autre, des plumes,

Je vous aime et crains, Trouble, accalmie, Automnes chagrins Automne amie.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'INSEXUELLE · Robert MONTESQUIOU · Poetry Cove