Un hommage incessant monte comme une bulle
Vers le nom de Celui qui mourut pour le Beau.
Les femmes ont des pleurs, dans les plis de leur tulle,
Qu'elles laissent tomber sur le seuil du tombeau.
Ce Jules de Goncourt que tant chérit son frère,
Comme nous, a souffert du Divin dans l'Humain ;
Et, faute que le dieu, de l'homme, pût s'extraire.
Il remit ses pouvoirs en fraternelle main.
Gautier en parle bien dans son discours insigne ;
Cette Oraison Funèbre, il la fait comme il sied.
On y voit sur la fin s'enfuir comme un grand cygne
Plein d'horreur pour le sol où son aile a pris pied.
Gautier sait aujourd'hui le vrai sens de ces choses
Que déjà démêlait son incarnation ;
Et Jules, près de lui, nous dicte quelques roses
Pour en aller fleurir leur morte station.
Jamais ne s'éteindront les palpitantes flammes
Qui nous unissent à ces noms qu'il faut bénir ;
Les hommes ont des fleurs, dans les plis de leurs âmes
Qu'ils laissent s'effeuiller au seuil du souvenir !