Les saules ont des odeurs pures
Qui se répandent dans les âmes
Comme de mystiques baisâmes
A fermer toutes les blessures.
Le nuage a des formes grises
Qui se mélangent à nos rêves
Et qui nous font sembler plus brèves
Nos heures en proie aux traîtrises.
Les nuits ont des clartés bénies
Qui se creusent devant les êtres
Gomme d'harmoniques fenêtres
A voir les choses infinies.
Les cieux ont des mansuétudes
Qui s'infiltrent dans les idées
Comme de suaves ondées
A rafraîchir les solitudes.
Les ondes d'azur ont des moires
Qui se reflètent dans les âmes
Gomme de mystiques Sésames
A rouvrir toutes les mémoires.
Compensations, ô Nature,
Que tu dois bien à ton fils, l'Homme,
Puisque lu te nourris, en somme.
Mère, de ta progéniture !