La lutte est inégale entre l'homme et le chêne ;
L'autan, sur l'un, le jour, sur l'autre, se déchaîne :
Mais, où l'un perd sa feuille, il perd, l'autre, son tronc.
La seule irrémissible est la saison charnelle :
L'hiver de l'arbre est un été qui s'interrompt ;
L'exfoliation de l'être est éternelle.
Or la forêt n'est point Rachel ou Niobé ;
Et, quand un floréal autour d'elle est tombé,
Elle ne pleure point sur sa fille, la feuille.
Or l'enfance n'est point l'antique Antigonè ;
Et lorsque du vieillard l'agonie a sonné,
La jeunesse s'en va vers les fleurs, et les cueille.