Cette caresse des choses Qui s'infiltre au cœur par l'œil, Nuls violets et nuls roses, Il en faut faire son deuil.
Les Pères ont la peau sale, Les frères lais sont bien laids, Et, par le blanc gris des salles, Nuls roses, nuls violets.
Habitués aux tentures, Les regards de ces bambins, Par le nu. des salles dures, N'ont plus pour leurs yeux nuls bains.
Avec les jupes des mères. Et les salons du chez soi, De ces charmantes chimères S'est évanoui l'émoi.
Qui sait l'alluvion terne Que, dans ces jeunes esprits, Dépose un gris de citerne Substituée aux pourpris ?
Qui sait l'illusion douce Que noie, en ces frais cerveaux, La couleur noirâtre et rousse De ces sinistres cuveaux ?
Qui sait l'aimable influence Que, sur ces éclosions, Exerçaient, d'une nuance Les subtiles lotions ?
Éclosions avilies Dans le fond de ce puisard, Qui fleurissaient, si jolies, Et pourrissent au hasard.
Vainement elles se guindent Pour boire un trait de soleil ; Partout les murailles scindent Le ciel bleu, qui fait vermeil.
Quelquefois, à la chapelle, Le voile de Maria, Le feston de Dieu rappelle Au cher blondin paria
Toutes ces couleurs charmantes Qui rassuraient ses pensers, Et qui sont en lui dormantes Par godets non dépensés ;
Ces gradations exquises Dont son rêve s'éduquait Et dont, entre ces banquises, La tiède chaleur manquait.
Il admire la chasuble De l'officiant poupin, Le taffetas dont s'affuble Le tabernacle du pain ;
Coquette petite armoire Changeant vingt fois de jupon, Velours, taffetas ou moire, Satin, brocart ou crépon.
Cet air moins triste des choses Unit l'enfant au Saint Lieu, Et lui fait, par bleus, plus roses, Supposer qu'il aime Dieu.
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