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1896

FLANDRES

Robert MONTESQUIOU

Les beaux salons Flamands, près de la consciente Interprétation des Christs aux flancs polis, Appliquent longuement leur fine et patiente Notation gothique, en maints plis et replis.

Parmi des cieux brouillés, des torses qu'on érige ; Sous un dais régulier, des plis d'un calme indou ; La folle draperie aux anneaux que dirige Un vent tumultueux qui souffle on ne sait d'où.

Van Dyck , et, sur le point d'expirer à la tâche, Dès madones, les bras ouverts les yeux saignants ; Pendant que Madeleine, aux pieds du Christ, détache Les nœuds auréolés de ses cheveux baignants.

Teniers , et la taverne où, dans leurs poses peintes, Des compères rougeauds pleins d'amoureux projets, Courtisent à la fois la commère et ses pintes, La gorge de l'hôtesse et le flanc des pichets.

Quentin Metsys , azur naïf et que treillage L'ogive, où des enfants aux gestes primitifs Offrent dévotement un fruit, un coquillage, Une gemme, un œillet à des Jésus chétifs.

De raides Salomés dans des robes étroites, A leurs Hérodes d'or au superbe manteau, Tendent, en ébauchant des poses maladroites, Le chef qu'Hérodias peigne avec son couteau.

Mais, surtout, en la chambre humble, austère et paisible, Mystérieux réduit par l'ange visité, La Vierge de Memling , et près d'elle, visible, Le parallèle lys de sa virginité.

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