La foudre ne fait pas taire le piano !
Le tonnerre avec lui vainement se mesure ;
L'ouragan ne lui sait que battre la mesure,
Et n'est qu'un métronome un peu plus étourneau.
Alors, piquée au vif, la tempête s'enrage,
Veut sur la boîte infâme emporter le dernier ;
Et redouble d'éclats, averse, grêle, orage,
Pour étouffer ce bruit qui l'ose renier.
Mais connue l'Arche sainte au-dessus du Déluge
L'Érard vainqueur surnage, avec, en ses girons,
Tous les rugissements qui l'ont pris pour refuge,
Et rugissent sans fin : « sans fin nous rugirons ! »
Il semble que le lied et l'étude copulent
En lui, pour procréer maint affreux petit lied,
Marmaille de morceaux qui grouillent et pullulent,
Et s'en vont de Paris jusqu'à Valladolid.
La ruisselante pluie à la vitre rougie
Ajoute à la sonate un arpège jumeau ;
Et l'éclair effrayant seconde la bougie
Dont la bobèche tremble à tout fortissimo…