Mille petites filles, Mille petits garçons ; Beaucoup de mousseline, Beaucoup de drap d'Elbeuf.
Des glands d'argent qui pendent Sous les sacs à mouchoirs ; Et des franges dorées, Aux brassards des gamins.
Et les cierges de cire Historiée, avec Le manche en velours rouge, Bordé d'effilé d'or.
Des figures pâlottes De se trouver à jeun ; Des anges qui n'éprouvent Qu'un grand mal d'estomac.
Monsieur le Curé même Qui, pour les honorer, Dit la messe en chasuble De Poussielgue ou Biais,
A l'autel faux-gothique, Dont le faux byzantin Reluit de fausses pierres, En toute vérité.
Les dames en toilette, Et le vieux général Dont la poitrine flambe De décorations.
Tout le monde l'admire ; Lui, modestement fier, Pense un peu tout de même Honorer Jéhovah.
« Seigneur, qui donc est digne, De vous avoir en soi ? Dites une parole , Les cœurs seront guéris. »
Les lèvres sont ouvertes, Les regards sont levés ; Mais les enfants s'étonnent De n'avoir rien senti.
Puis c'est le tour des mères, En chapeaux violets, Relevant leurs voilettes Et qui comprennent mieux.
La cérémonie faite , Chacun s'en fut luncher ; Les unes en calèche, D'autres en omnibus.
Les riches qui retrouvent, Au salon de maman, Une table couverte De cent cadeaux bénits :
Trente fois la Journée Et l'Imitation ; Et toujours une montre ; Les pauvrettes n'ont rien.
Mais elles sont contentes De promener leur blanc Sur les impériales Et sur les boulevards.
Et ce clair qui circule, Tout le jour, sur Paris, A l'âme de la rue Rend un peu de candeur.
Mille petites filles, Mille petits garçons ; Beaucoup de mousseline, Beaucoup de drap d'Elbeuf.
Des glands d'argent qui pendent Sous les sacs à mouchoirs ; Et des franges dorées, Aux brassards des gamins.
Et les cierges de cire Historiée, avec Le manche en velours rouge, Bordé d'effilé d'or.
Des figures pâlottes De se trouver à jeun ; Des anges qui n'éprouvent Qu'un grand mal d'estomac.
Monsieur le Curé même Qui, pour les honorer, Dit la messe en chasuble De Poussielgue ou Biais,
A l'autel faux-gothique, Dont le faux byzantin Reluit de fausses pierres, En toute vérité.
Les dames en toilette, Et le vieux général Dont la poitrine flambe De décorations.
Tout le monde l'admire ; Lui, modestement fier, Pense un peu tout de même Honorer Jéhovah.
« Seigneur, qui donc est digne, De vous avoir en soi ? Dites une parole , Les cœurs seront guéris. »
Les lèvres sont ouvertes, Les regards sont levés ; Mais les enfants s'étonnent De n'avoir rien senti.
Puis c'est le tour des mères, En chapeaux violets, Relevant leurs voilettes Et qui comprennent mieux.
La cérémonie faite , Chacun s'en fut luncher ; Les unes en calèche, D'autres en omnibus.
Les riches qui retrouvent, Au salon de maman, Une table couverte De cent cadeaux bénits :
Trente fois la Journée Et l'Imitation ; Et toujours une montre ; Les pauvrettes n'ont rien.
Mais elles sont contentes De promener leur blanc Sur les impériales Et sur les boulevards.
Et ce clair qui circule, Tout le jour, sur Paris, A l'âme de la rue Rend un peu de candeur.
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