J'aime le meuble Empire, Le pire Fait mes yeux éblouis, Mieux que le Louis Treize,
Ou Seize, Ou quelconque Louis. Mieux que le Louis Onze, Son bronze
D'une Égypte bijou ; Et sa mythologie Rougie D'un reflet d'acajou,
Me plaisent, et sa gauche, Ébauche D'une Grèce de toc ; J'aime ses incommodes
Commodes, Ses consoles mastoc, Que supportent des gaines Rengaines
Aux symboles cachés ; Ses guéridons d'emphases, Ses vases, Ses iks et ses psychés ;
Ses bras de fauteuils drôles, Ses rôles Appris tout de travers, Ses canapés-immeubles,
Ses meubles Ressemblant à des vers, Ses retours de campagnes, Ses pagnes
Prétentieux et droits, Ses vagues Cléopâtres, Ses pâtres Et ses sphynx maladroits ;
Ses jardinières bêtes, Ses têtes De lions pleins d'anneaux, Son rigide vieux Sèvres
Sans fièvres, Aux décors étourneaux ! Sa fatigante pompe. Que trompe
Un idéal trop gros ; Sa pédante peinture Nature Grosse du baron Gros !
J'adore sa pendule, J'adule Ses niais attributs ; Son Olympe ineffable
Sa fable, Ses rêves, ses rébus ; Tout son fol déballage De l'âge
D'Homère, et de Jacob, Dont la fausse tempête Embête L'âge du petit Bob !
Ses Apollons, ses lyres, Délyres D'attitude à toupet ; Sa méduse, sa muse
Camuse Qui sous Thomire paît ; Ses tristes Aristées, Protées
De métal fulgurant ; Ses Phœbus, ses Pégases, Leurs gazes, Où flotte maint cadran !
Ses Saphos, ses Électres, Ses spectres De dieux embourgeoisés, Ses flasques théories,
Scories De Pindes dégoisés ; Ses Héro, ses Léandre Du tendre
De Madame de Staël, Dont encore endoctrine Corinne De son socle en cristal.
Pâmasses et Permesses, Kermesses D'accessoires pompiers Et poncifs : torches, flammes
Réclames Qui meurent à des pieds. Permesses et Parnasses, Des nasses
De doux bétail falot Dont le seigneur le Cygne Désigne Ce style et cet îlot.
Le Cygne que déferle — La perle Au cou — le flot doré De ce quasi Sublime
Que lime Un Bébète adoré !
Cookies on Poetry Cove