Sous un ciel rose et vert que reflète une flaque,
Dans l'or du sable éteint, désert comme une lande.
Les fillettes aux fins cheveux que le vent plaque,
Dansent leur ronde gaie aux fraîcheurs de guirlande.
Le rythme du reflux lointain les environne ;
Leur silhouette frêle et gracile dessine
— Tandis que leur reflet en l'eau les enracine,
Un cercle aux grains légers qui semble une couronne.
Un bracelet d'enfants, un chapelet de roses :
— Des roses rousses, des roses brunes ou blondes,
Sur l'or du sable éteint organisant des rondes
Que chantent les flots bleus, sous les cieux verts et roses.
Le crépuscule doux prend des pâleurs de limbe ;
Et, sous les cieux mourants dans les flaques pâlies,
S'enroule et se dénoue, en ses poses jolies,
La ronde que la lune argente comme un nimbe.