Fermez cette cage ; leur chambre,
Rien que les jours soient étouffants ;
Car, au dehors, une odeur d'ambre
Grise ces oiseaux, les enfants.
Comme dans les contes de fées,
Ivres d'arômes et de sons,
Ils suivent d'étranges bouffées
Qui font oublier les maisons.
A chaque détour de la route,
Ils veulent voir l'autre détour ;
C'est derrière lui que, sans doute,
Dort la mystérieuse tour
Qui cache on ne sait quels mensonges.
— Éblouis, éperdus, ravis,
Ils tendent, comme dans les songes,
Vers le mythe de ce parvis.
Et les détours se multiplient,
Et les murs n'apparaissent pas ;
Et les mousses souples oublient
Les faibles empreintes des pas.
Sous des conseils malins, qui leurrent,
Ivres d'arômes et de sons,
Ils marchent… et les mères pleurent
Dans le silence des maisons.