Fi du mourant usé ! Fi du défunt avare
Ne donnant à la Mort que l'ombre de leur moi !
Ce n'est pas pour ceux-là que le flambeau s'effare
Et que la tombe exulte en un sinistre émoi.
Ceux qui passent, rongés à mesure par l'heure,
Froids, chauves, édentés, et morts avant la Mort,
Ont volé le sépulcre ; et ne sont plus qu'un leurre
Que la fosse maudit, quand son rictus les mord.
Ceux qu'elle tue ainsi, la Parque les délivre,
Et, sous le sol, reçoit leurs êtres sans couleurs,
Comme une rose sèche aux pages d'un vieux livre
Que la Terre, au Printemps, relie avec des fleurs.
Vivent les trépassés entrant au sarcophage
Comme un été détruit dans son plein messidor ;
La Camuse dévore avec un cri sauvage
Leurs corps entiers, aux dents de perle, aux cheveux d'or !