Or donc la tête vit, la tête du coupable,
De ce guillotiné qu'on ne comprend pas bien ;
L'œil n'est plus dans la tombe, y regardant Caïn,
Non, il est dans la tête, et s'y voit ; c'est probable.
On dit que son passé, comme en un cadre clair
Se découpe soudain, pour le marin qui sombre ;
Condamné qui, bientôt, ne serez plus qu'une ombre
Revivez votre crime, en un saignant éclair.
L'ombre que vous voilà, devant le flot qui brame
De ceux dont vous comblez l'ardeur de voir pleurer,
Lorsque votre regard désespérément rame
Sur la foule houleuse, et qui vient effleurer
Le pied de l'échafaud qu'ont honoré des Saintes,
Des Rois mystérieux, maint illustre Martyr ;
Comme afin d'ennoblir ces terribles enceintes
Pour ceux dont l'âme noire a l'effroi d'en partir ;
Cette âme qu'a déjà blanchie, avec leurs tempes,
L'horreur de la machine au couperet goulu,
Qui fait se clore aux cieux l'œil des divines lampes,
Pour voiler ce forfait que Dieu n'a pas voulu !