Ils disent qu'il est mort ; mais ce sont de méchantes
Âmes :
Dieu n'éteint pas ainsi de nos flambeaux les flammes
Lentes ;
L'enfant est assez ange encor pour qu'il se sente
L'aile ;
Mais il ne va pas loin de sa mère, pour qu'elle
Chante.
Ils disent qu'il est mort, parce qu'il n'est plus rose ;
Mais,
Je ne croirai jamais que l'enfant que j'aimais
Ose
Déserter son berceau, si plein de douces choses,
Dais,
Nid, où sans fin pour lui mes mains effeuillent des
Roses !
Ils disent qu'il est mort ; mais ce n'est que mensonge ;
Rêve,
O mon enfant chéri, prolonge cette trêve.
Songe :
Le sommeil, cette bulle où notre âme se mire,
Crève ;
Enfant, embaume-toi d'oubli, cette trop brève
Myrrhe !
Ils me disent qu'on n'est ainsi, que dans la mort,
Pâle :
Parfois le feu tremblant qui flambe dans l'opale,
Dort ;
L'enfant au ciel, un peu, loin de la vie amère,
Fuit ;
Mais, bien vite, il retourne où ton œil plus bleu luit,
Mère !
Ils disent qu'il est mort, mais ce sont de méchantes
Âmes :
Dieu n'éteint pas ainsi de nos flambeaux leurs flammes
Lentes ;
L'enfant est assez ange encor pour qu'il se sente
L'aile ;
Mais il ne va pas loin de sa mère, puisqu'elle
Chante !