L'endroit où je fais bien du vers très ouvragé
C'est un coin de la pièce obscurcie, ombragé
Par un grand parasol japonais, où circule,
Sous une éblouissante et chaude canicule,
Une procession de personnages bleus
Et roses, diaprés, naturels, fabuleux.
— De l'ensorcellement de la chambre ambiante
S'essore peu à peu l'influence, qui hante,
Des fourrures où traîne un coussin d'ors pâlis.
Des volubilités de fins volubilis
Courent sur des satins aux couleurs amorties,
Dans la rousse atmosphère où les fleurs sont serties,
Des gemmes, des émaux, des ivoires laiteux,
Que les rideaux épais couvent d'un jour douteux.
Les porcelaines et les bronzes, aux flancs lisses,
Les verres ont leur part en ces discrètes lices
De silhouette, de nuance, de milieu,
Où je viens, chaque fois qu'il me faut être dieu ;
— Car, je me sens toujours me faire plus artiste,
A regarder fleurir mes roses de batiste,