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1876

Thérapeutique

Louis MÉNARD

J'ai lu, je ne sais où, la légende amoureuse De Raymond Lulle : on dit qu'un jour il rencontra Une femme fort belle, et l'amour pénétra Dans son cœur calme, et vint troubler sa vie heureuse.

Il quitta, comme Faust, la route ténébreuse De l'austère science, et son amour dura Jusqu'au jour où l'objet qu'il aimait lui montra Son sein, que dévorait une lèpre hideuse.

Miroirs de volupté, beaux lacs aux flots d'azur Où se cache toujours quelque reptile impur, Anges d'illusion, démons au corps de femmes, Sirènes et Circés, qu'il est triste le jour

Où, pour guérir nos cœurs du poison de l'amour, Vous nous montrez à nu la lèpre de vos âmes !

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