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1855

LES FILETS D’HÉPHAÏSTOS

Louis MÉNARD

Quand la faux de Kronos rendit le ciel stérile, Le sang du grand ancêtre et sa fécondité Répandirent dans l'onde une écume subtile D'où sortit corne un lis la blanche Aphroditè.

Alors le ciel sourit, et dans l'éther immense, Des Dieux et des Titans monta l'hymne joyeux ; Et l'univers charmé salua ta naissance, O mère, ô volupté des hommes et des Dieux !

Les éléments discords apaisent leur querelle : Dompté par tes regards invincibles et doux, Ares, le dur guerrier, dès que ta vois l'appelle, Rend la pais à la terre et tombe à tes genoux.

S'endormant dans l'oubli des guères disparues, Bienheureux ! il repose entre tes bras sacrés ; Les glaives meurtriers se changent en charrues, Et des sillons sanglants sortent les blés dorés.

Saint hymen, d'où naîtra la céleste Harmonie ! Sous les regards amis des astres inclinés, Force et Beauté, l'épouse à l'époux est unie ; Dans un réseau d'amour ils dorment enchaînés.

Un Dieu puissant forgea cette trame invisible, Le Dieu des profondeurs, qui sou/le, loin du jour, Aux veines des métaux la flamme irrésistible, Et dans les cœurs vaincus l'irrésistible amour.

Forge, ouvrier divin, la chaîne inextricable, Croise les nœuds du fer mobile, viens unir, O grand Axiéros, ô flamme infatigable ! La beauté toujours jeune à l'immortel désir.

Le mystère sacré d'où sortira la vie Réjouit les grands Dieux sur l'Olympe assemblés : Répands, divin Soleil, sur la terre ravie, Le rire éblouissant des cieux immaculés.

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