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1876

AVRIL

Louis MÉNARD

Sur les arbres en fleurs les bourgeons vont éclore ; Le soleil est plus chaud et les jours sont plus longs ; La mousse a tapissé les verdoyants vallons, Et l'on entend les chants des oiseaux à l'aurore.

Tout ce qui lut vivant autrefois vit encore, Les papillons brillants et les humbles grillons, Les lis dans les jardins, les blés dans les sillons : Tout renaît au printemps que la jeunesse adore.

Les cieux comme la terre étincellent joyeux. Pourquoi donc suis-je triste et pourquoi de mes yeux Silencieusement coulent ces grosses larmes ? Pourquoi ce désespoir, ce dégoût infini ?

Au printemps de la vie et de l'an plein de charmes ? Las ! l'amour ne renaît, le cœur ne rajeunit.

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