Sur les arbres en fleurs les bourgeons vont éclore ;
Le soleil est plus chaud et les jours sont plus longs ;
La mousse a tapissé les verdoyants vallons,
Et l'on entend les chants des oiseaux à l'aurore.
Tout ce qui lut vivant autrefois vit encore,
Les papillons brillants et les humbles grillons,
Les lis dans les jardins, les blés dans les sillons :
Tout renaît au printemps que la jeunesse adore.
Les cieux comme la terre étincellent joyeux.
Pourquoi donc suis-je triste et pourquoi de mes yeux
Silencieusement coulent ces grosses larmes ?
Pourquoi ce désespoir, ce dégoût infini ?
Au printemps de la vie et de l'an plein de charmes ?
Las ! l'amour ne renaît, le cœur ne rajeunit.