C'est une histoire, vraie et simple que la tienne,
Et tu t'es consolé par des rimes, mon cœur.
Va, de ce pauvre amour ne garde de rancœur,
Et que son souvenir à jamais t'appartienne !
C'est une loi suprême , inévitable, ancienne,
Que l'on oublie, hélas ! mais dont nul n'est vainqueur,
Et tu n'es qu'une voix dans cet immense chœur
Sans cesse répétant la mème et belle antienne
« Je t'aime et t'aimerai toujours ! » Puis des serments,
Puis des extases, puis le dégoût, les moments
De désespoir amer, enfin l'oubli… Je songe
Ami, que comme moi, tu sanglotas le jour
Où tu vis qu'un serment de femme était mensonge ;
Mais comme moi, crois-tu, malgré tout, à l'Amour ?