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1801

LES TRAITS DE L'AMOUR

Charles MILLEVOYE

Requis par la troupe sacrée, Aux antres de Lemnos, un jour Le noir époux de Cythérée Forgeait les flèches de l'Amour.

Vénus, tendre et compatissante, Pour adoucir un peu leurs coups, Les trempait de sa main charmante Dans les flots du miel le plus doux.

Mais dans un perfide breuvage Son fils les plongeait à son tour… Hélas ! causer trouble et dommage, C'est le passe-temps de l'Amour.

Mars, des combats et des alarmes, Auprès de Vénus respirait. Il raillait Amour sur ses armes, Que le Zéphyre emporterait.

« Ces traits-là valent mieux que d'autres, Dit le fripon ; gageons ici Qu'ils sont plus pesants que les vôtres ; Tenez, jugez de celui-ci. »

Mars, en riant de son délire, Reçoit la flèche de l'enfant : Vénus sourit, le dieu soupire Auprès de l'Amour triomphant.

« Reprends ta flèche meurtrière, Amour ; de grâce, reprends-la… — Non, dit l'Amour, elle est légère Le Zéphyre l'emportera ! »

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