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1801

LA PROMESSE

Charles MILLEVOYE

Il est donc vrai ! tu veux qu'en mon lointain voyage Sous le ciel d'Orient j'emporte ton image ; Et d'un espoir douteux abusant mon amour, Ta bouche me promet les baisers du retour.

Du retour !… Tu l'as vu, cet éclatant navire ! Et sa poupe et ses mâts de fleurs étaient ornés ; En ses pavillons d'or il tenait enchaînés Et la fortune et le zéphyre.

Avant peu, disait-on, il reverra le port. Eh bien ! les jours ont fui. L'inquiète espérance A l'horizon des mers cherche en vain sa présence Il ne reviendra plus. Si tel était mon sort !

Hélas ! du voyageur la vie est incertaine ! S'il échappe aux brigands de la forêt lointaine, Le désert l'engloutit dans les sables profonds, Ou sur d'âpres chemins les coursiers vagabonds

Dispersent de son char la roue étincelante, Et brisent sa tète sanglante Au penchant rapide des monts. Et je pars ! Ah ! détourne un funeste présage,

Et pour moi désormais les cieux s'embelliront ; Et dans mon fortuné voyage Je verrai, pure et sans nuage, L'étoile du bonheur rayonner sur mon front

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