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1801

LA FAUVETTE

Charles MILLEVOYE

Dans les bois l'amoureux Myrtil Avait pris fauvette légère : « Aimable oiseau, lui disait-il, Je te destine à ma bergère.

Pour prix du don que j'aurai fait, Que de baisers !… si ma Lucette M'en donne deux pour un bouquet, J'en aurai dix pour la fauvette. »

La fauvette dans le vallon A laissé son ami fidèle, Et fait tant que de sa prison Elle s'échappe à tire-d'aile.

« Ah ! dit le berger désolé, Adieu les baisers Je Lucette ! Tout mon bonheur s'est envolé Sur les ailes de la fauvette. »

Myrtil retourne au bois voisin, Pleurant la perte qu'il a faite ; Soit par hasard, soit à dessein, Dans le bois se trouvait Lurette :

Sensible à ce gage de foi, Elle sortit de sa retraite En lui disant : « Console-toi, Tu n'as perdu que la fauvette. »

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LA FAUVETTE · Charles MILLEVOYE · Poetry Cove