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1801

LA CIGALE

Charles MILLEVOYE

Quel heureux et brillant destin, Cigale aimable, est ton partage ! Sous le dôme d'un vert feuillage Tu bois les parfums du matin,

Et ta voix charme le bocage. Pour toi les trésors des saisons A l'envi s'empressent d'éclore : Le laboureur t'aime et t'honore,

Car tu respectes ses moissons. Ton aspect réjouit la vue : Il chasse les sombres autans ; La messagère du printemps

En tous lieux est la bienvenue. Chère à Phébus, chère aux neuf Sœurs, De leur divine mélodie Us t'enseignèrent les douceurs.

Jamais la triste maladie, Jamais la vieillesse engourdie N'oseront approcher de toi ; Prudente élève de Cybèle,

Dans une jeunesse immortelle Des ans tu sais braver la loi. Ton corps léger, noble cigale, Semble n'appartenir qu'aux cieux :

Que s'en faut-il, fille des dieux, Que des dieux tu ne sois l'égale ?

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