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1801

L'AMOUR VRAI

Charles MILLEVOYE

« De ma Céline, amant modeste, Si je n'ai reçu qu'un aveu, Il vaut à lui seul tout le reste : Amour sincère exige peu.

J'ai captivé plus d'une belle ; Mais mon cœur, ah ! croyez-moi bien, Les donnerait toutes pour celle Qui ne m'a jamais donné rien.

» Quoique Céline soit charmante, Je ne suis heureux qu'à demi ; Quoiqu'elle ait le cœur d'une amante, Je n'ai que les droits d'un ami ;

Mais en vain son âme rebelle Refuse un plus tendre lien : Je donnerais mes jours pour celle Qui ne m'a jamais donné rien. »

C'est ainsi que sous la ramée Chantait un soir le troubadour ; Non loin de là sa bien-aimée Entendit ses accents d'amour.

Or, il obtint de cette belle Un prix qu'il méritait si bien : Il eut un doux baiser de celle Dont il n'avait eu jamais rien.

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