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1801

A UN BOSQUET

Charles MILLEVOYE

Salut, bosquet délicieux, Planté par la main du mystère ; Toi dont le voile officieux Rendit la pudeur moins austère

Et l'amour plus audacieux ! Qu'à tes voluptueux ombrages L'hiver épargne ses outrages, L'été, sa dévorante ardeur ;

Qu'il échappe au vent des orages, Au fer tranchant de l'émondeur. Que l'amoureuse Philomèle Ne chante que sur tes ormeaux ;

Et que la houlette fidèle Défende la branche nouvelle Contre l'insulte des troupeaux. Puisse l'abeille murmurante

Préférer ta feuille odorante Même au calice de la fleur ! Puisse enfin toute la nature Protéger ta fraîche verdure,

Et te payer de mon bonheur !

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