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1890

[no title]

Éphraïm MIKHAËL

Je disais : « Quand viendra la reine que j’attends, La grande fiancée aux mains victorieuses, Je trouverai des paroles mystérieuses, Des mots couleur de ciel, d’aurore et de printemps.

« Et, comme réveillé d’un sommeil de cent ans Par le baiser de ses lèvres impérieuses, Pour dire nos amours pâles et merveilleuses Je chanterai d’antiques hymnes éclatants. »

Et te voici ! Je tiens tes deux mains adorées, Sans pouvoir proclamer en des chansons sacrées La gloire de ton corps et de ton cœur charmant. Mais près de toi, muet de voluptés étranges,

Je garde dans mon cœur silencieusement Mon amour trop profond pour s’épandre en louanges.

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