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1890

La Bonne Fenêtre

Éphraïm MIKHAËL

Vois-tu ? c’est un pays de songe ; Le parc est plein de tourterelles, Un escalier d’or pâle plonge Parmi les fleurs surnaturelles.

Les éperviers, l’aile charmée, S’endorment sur les tours fleuries ; Des paons épars dans la ramée Éparpillent des pierreries.

Joyeuses, sur les claires ondes D’un golfe paisible et splendide, Des galères aux voiles blondes Appareillent pour l’Atlantide.

Et des lys ravis par les brises Neigent dans la douce venelle, Tandis qu’au loin des voix éprises Proclament la joie éternelle.

Mais toi, ma sœur, blanche et plaintive, Laissant choir la quenouille lasse, Telle qu’une reine captive Tu te penches sur la terrasse.

Et parmi les lourdes bannières Qui claquent dans le vent sonore, Tu lèves tes mains prisonnières Comme pour cueillir de l’aurore.

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La Bonne Fenêtre · Éphraïm MIKHAËL · Poetry Cove