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1890

L’Heure Grise

Éphraïm MIKHAËL

Oh ! la tristesse langoureuse Du ciel vespéral de Paris, Tendu de pâle satin gris Ainsi qu’un boudoir d’amoureuse !

De lumineux brouillards flottants Estompent l’angle des toitures, Nul pli ne ride les tentures Que suspend le frileux printemps.

Et là-haut, sous la mousseline Du crépuscule, transparaît Un vaporeux soleil, discret Comme une veilleuse câline.

Sur le grouillement des trottoirs La nuit, douce et mièvre, se penche, Comme une lente fille blanche Caressant des lévriers noirs.

Tandis qu’en moi croissent les ondes D’une enamourante langueur, Dans l’ombre calme de mon cœur Il pleut des souvenirs de blondes.

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L’Heure Grise · Éphraïm MIKHAËL · Poetry Cove