Avril fermente sous la terre ;
Ses vents soufflent la liberté.
Déjà le printemps séculaire
Monte, enivrant l’humanité.
Dans la brume sans qu’il s’achève,
Comme au matin s’enfuit le rêve,
Notre temps sombre est emporté.
Le sang couvre encore la terre,
Les hommes sont encor troupeaux ;
Mais voici l’aube matinière
Qui fait germer les jours nouveaux.
Debout ! peuples ! c’est la diane ;
Debout ! Voici la Marianne
Agitant les rouges drapeaux.
Ainsi qu’une lyre muette,
Tout être a des sens inconnus.
Ils s’éveillent dans la tempête,
S’ignorant, encore confus,
Et, par l’éocène nouvelle
Où toute chose bat de l’aile,
Étranges, ils sont apparus.
Dans la paix immense du monde,
Le progrès sans fin montera,
Pareil à la foule qui gronde,
Quand Quatre-Vingt-Neuf tonnera.
Tout le passé sera poussière ;
Puis un jour, lui-même suaire,
Le cycle se refermera.