Brousses, forêts de nuit sont couvertes ;
Le ciel est noir ; la pluie, avec bruit,
Va s’égrenant sur les feuilles vertes ;
Dans la nuit d’encre un fauve éclair luit.
Arbres géants et lianes blanches
Sont emportés dans les noirs torrents ;
Ensemble vont les nids et les branches
Où les oiseaux couvent leurs enfants.
Et l’Océan, qui mord le rivage,
Y jette au loin des monstres mourants ;
Du fond des mers creusés par l’orage,
Ils sont portés par les flots grondants.
Les échappés de cette ruine
Reprennent vie : ils sont aux affûts ;
La mouche bleue entraîne et fascine
Les cancrelas sur les frais talus.
Les papillons trempés par l’orage
Sont entourés de rousses fourmis.
En murmurant le flot bat la plage.
Et les oiseaux vont pleurant leurs nids.