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1895

XIII

Stuart MERRILL

La nuit, dans un pays de fleurs Tristes comme tes yeux, ô Bonne, J’ai tressé pour toi la couronne Mystique des sept douleurs.

Ci l’amarante et l’anémone, Le souci, la rose et l’iris, Avec l’asphodèle et le lis Des urnes d’or de l’automne.

Mon âme, qui se sent mourir, Comme la lune, en leurs corolles, Ne sait plus le sens des paroles Dont tu voulus l’attendrir.

Aux eaux oublieuses du fleuve Qui coule vers la mer sans nom, Il faudra, le voudrais-je ou non, Qu’un soir d’effroi je m’abreuve.

Voici ces fleurs des anciens cieux : J’en vais cueillir d’autres, ô Bonne, Dans des pays d’ombre où l'automne Est triste comme tes yeux.

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