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1895

VII

Stuart MERRILL

Je suis mort au bord de la grève D’un pays dont je fus roi Las moi ! qu’ai-je trompé le rêve Des blancs guerriers le la foi ?

Leurs trompettes d’or dans l’automne Tonnent, et leurs cris de deuil Vibrent dans le vent monotone Qui souffle sur mon cercueil.

Dans ma main se rouille l’épée Qui flamba sur maints combats Quand les chantres de l’épopée Suivaient l’éclair de mes pas.

Tout est fini. La Renommée Ne sacrera plus ce front Des fraîches palmes d’Idumée Qui sauvent de tout affront.

Et les vierges qui par les routes Semaient sous mon char des lys, Je crois qu’elles vont s’enfuir toutes, Riant des jours de jadis.

Pourquoi pleurer les infidèles En mon éternel sommeil ? Je sais que quand les hirondelles Voleront vers le soleil,

Ta viendras, ô Reine du rêve, De l’hiver des mers du Nord, Ravir mon âme vers la grève Où tout souvenir s'endort.

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