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1895

V

Stuart MERRILL

O ma dame des pavots Si pâle en ta robe d’automne, Pourquoi pleurer les renouveaux Morts en ce fleuve monotone ?

Tes rêves, au gré lent des eaux, Voguent vers des mers moroses Par où volèrent les oiseaux Au pays des fleurs toujours roses.

Le chemin connu de nos pas Se perd sous la nouvelle lune ; Ma Dame, ne sais-tu pas Quel désir d’oubli m’importune ?

Soyons les amants du sommeil Au vent qui souffle sur les feuilles ; Oublions le nom du soleil Sous les pavots que tu cueilles.

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