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1895

IX

Stuart MERRILL

La porte de la triste maison Où s’abrita le rêve des ans S’est close aux neiges de la saison Dont frissonnent les nouveaux enfants.

La route ne connaît plus les rois Qui passaient dans des bruits de tambours, Ni les prêtres droits sous leurs orfrois, Ni les bouffons et les troubadours.

Vainement les pauvres impotents, Leurs pieds sur le seuil, chantent en chœur D’importunes chansons du vieux temps Sous le houx qui saigne comme un cœur.

Celle et celui qui leur donnaient l’or Sont morts d’avoir eu peur de l’hiver Dans la maison où l’horloge encor Marque, sans le savoir, l'heure d’hier.

Le jardin se perd vers les confins De la forêt interdite au jour Qui hérisse en menace ses pins Autour des trois croix du carrefour.

Et contre le crépuscule roux L’on voit fuir sous les corbeaux du sort, Comme une horde noire de loups, Les vengeurs qui hurlent à la mort.

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