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1895

II

Stuart MERRILL

Des fleurs du soir plein tes mains, Tous les cieux dans tes yeux, Et l’espoir des lendemains Dans les yeux et les cieux,

Tu vins par la plaine jaune En ce froid mois d’automne, O la donneuse d’aumône Dont le pauvre s'étonne.

Chantons de vieilles chansons Pour l’amour du passé, Et tels des enfants lançons Tes fleurs au jour lassé.

On dit que sur la montagne Tombe déjà la neige, Mais qu’importe à qui regagne L’âtre où le feu s’abrège ?

Ce sera bientôt pour nous Baisers et bon sommeil, Mienne, et dans nos bras jaloux L’oubli du vieux soleil.

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