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ENVOI D’AMOUR

Guy MAUPASSANT

Accours, petit enfant dont j’adore la mère Qui pour te voir jouer sur ce banc vient s’asseoir, Pâle, avec les cheveux qu’on rêve à sa Chimère Et qu’on dirait blondis aux étoiles du soir.

Viens là, petit enfant, donne ta lèvre rose, Donne tes grands yeux bleus et tes cheveux frisés ; Je leur ferai porter un fardeau de baisers, Afin que, retourné près d’Elle à la nuit close,

Quand tes bras sur son cou viendront se refermer, Elle trouve à ta lèvre et sur ta chevelure Quelque chose d’ardent ainsi qu’une brûlure ! Quelque chose de doux comme un besoin d’aimer !

Alors elle dira, frissonnante et troublée Par cet appel d’amour dont son cœur se défend, Prenant tous mes baisers sur ta tête bouclée : « Qu’est-ce que je sens donc au front de mon enfant ? »

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