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1887

SOUPIR

Stéphane MALLARMÉ

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur, Un automne jonché de taches de rousseur, Et vers le ciel errant de ton œil angélique Monte, comme dans un jardin mélancolique,

Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur ! ― Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie

Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon, Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.

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SOUPIR · Stéphane MALLARMÉ · Poetry Cove