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PHOTOGRAPHIES

Stéphane MALLARMÉ

Un mot, au coin, que j'avertisse. La dame qu'ici vous voyez, Dans les fresques du Primatice A des cheveux blonds déployés.

Blanche japonaise narquoise Je me taille dès mon lever Pour robe un morceau bleu turquoise Du ciel à quoi je fais rêver.

Folle robe d'une péri Et dedans plus féerique encore Pour les changer en soi Méry De nos chimères se décore.

Cette dame a pour nom Méry Et tient de tout juste balance Déjà son sourire a guéri Le mal que son regard te lance.

Très fidèle à mes amitiés Dans un bleu reflet qui s'argente Sous un, si vous en doutiez ! Que ma robe seule est changeante.

Avec ce mutin casque blond C'est votre oubli que je défie Et j'offre à ceux qui déjà l'ont Dans le cœur, ma photographie.

Je ne sais pourquoi je vêts Ma robe de clair de lune Moi qui, déesse, pouvais Si bien me passer d'aucune.

L'image du faiseur de vers Se montre à souhait réussie Pour peu qu'elle passe à travers Les yeux de Madame Lucie.

Quelqu'un par vous charmé Stéphane Mallarmé. Voici du couple la meilleure Moitié qu'aucun blâme n'effleure.

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