Hier, voyez la ! demain Du clavecin elle écoute Chanter le bois surhumain Et, songeuse, ne se doute
Qu'un fruit d'or tombe en sa main. Ces vils fruits ne sont que mensonge Pour un œil ravi d'épier Tout l'éclatant jardin du songe
Qui mûrit sur votre papier. A courber le rameau superbe Vers votre front au pur souci, Vous laissâtes choir parmi l'herbe
Le fruit ramassé que voici. O belle chanteuse, ces pommes Que l'Aube aime à colorier, Il faut, absurdes que nous sommes,
Pour vous les cueillir au laurier ! Elle a beau faire la chouette Et claquer de son bec d'enfant Augusta sait qu'on lui souhaite
Ce qu'aux autres elle défend Sous un hiver qui neige, neige, Rêvant d'Édens quand vous passez ! Pourquoi, Madame Madier, n'ai-je
A donner que des fruits glacés… Sur l'An j'ouïs une alouette Éparpiller comme un joyau Des rires que je vous souhaite
Madame Madier de Montjau. Avec mon souhait le plus tendre, Comme il sied entre vieux amis, Dans cette main qu'on aime à tendre
Je dépose le fruit permis. Malgré la neige qui me fouette Le front, comme aux temps les plus beaux Je viens en ami qui souhaite,
Chère Madame Seignobos Vite renoncez l'Ardèche Autrefois qui nous fit siens Le cher vent, la branche sèche
Pour les fruits parisiens. Le médicament le meilleur Qu'un «oïczé » puisse prescrire A mes yeux las de vieux veilleur
Est de revoir votre sourire. L'an nouveau qui vous caressa Toujours la même sans rature Apporte aussi ce fruit et sa
Monotone littérature. Si par un regard de fée haute Ou lasse seul voilà mangés Mes fruits constants, c est votre faute
A vous qui non plus ne changez. Ces vers qui se ressembleront ! Prêtez leur la voix spontanée De dire, moins que votre front,
Le mensonge de toute année. Ce papier, comme si Dauphin Y piquait mainte tache noire ! Pour vous, témoin discret et fin,
Cache le fruit couleur de gloire. Je ne crois pas qu'une brouette D'espoirs, de vœux, de fleurs enfin Verse à vos pieds ce que souhaite
Notre cœur. Madame Dauphin. Ces fruits ! Aimez que je les cueille Désignés par votre doigt fin Comme ceux dont la verte feuille
Sied au front sacré de Dauphin. Ce même fruit d'aucun automne Il porte à Madame Dauphin Encore notre monotone
Souhait et ce n'est pas la fin. Loin d'aucuns palmiers ou du cierge Que l'aloës érige fin Ce fruit tombe chez la concierge
Des houris et dames Dauphin. Ce bon Dauphin ne s'embarrasse Deux peignent une chante mais
La maman partage la grâce A table comme un entremets. Trois sœurs, chacune se dispute A son tour que vous la baisiez,
Votre rire est la même flûte Que jadis venant de Béziers. Je regrette les quatre ensemble La maman subtile à ranger
Son trio dont elle est l'exemple Non loin de la fleur d'oranger. Le piano tendra son aile Suave d'ample séraphin
Que chaque fille maternelle Y berce Madame Dauphin. Berger de deux seules ouailles Dauphin, ramasse pour leurs jeux
Souriant partout que tu ailles Ces fruits sur le givre outrageux. Avec ta queue en girouette, Léo, pendant que tu t'assois,
Dis les choses que je souhaite De loin à Madame François. A celles dont il se moquait Quand il s'évada pour être ange
Le défunt petit perroquet Jette de là-haut cette orange. Les seuls fruits d'or sont où vous êtes N'allez pas vous enfuir demain
Et le ciel reprendra ses fêtes Sur un geste de votre main. Grâce aux fruits humble stratagème, Amie on peut nous envier
Un souhait proféré le même Depuis tant de premiers Janvier. Que ce fruit toute la Provence A Paris goûté par Gina
Lui semble quelque redevance Au beau ciel qui l'imagina. Ce fruit à quelque arbre confit Cueilli par un sylphe ou tout comme
Exprime les souhaits qu'on fit Pour vous rue ici près de Rome. Votre jardin, Mai me l'apprit Et malgré que la brume y traîne,
J'aime les retours en esprit A Bourg dont vous êtes la Reine. Tors et gris comme apparaîtrait Miré parmi la source un saule
Je tremble un peu de mon portrait Avec Mademoiselle Paule. N'allez pas, en le fuyant, Paule Même par vagabonde humeur
Tourner une jolie épaule Au vieil hommage du rimeur. Notre demoiselle Patronne Le regard limpide et rieur
Verse dans ce qui l'environne Son charmant être intérieur. Julie avec un front neigeux Enfant porte la double étoile
Elle qui délaisse en ses jeux Le violon pour une toile. Fuir la banquise et l'avalanche Julie ou les froids imprudents
Il suffit pour demeurer blanche De votre candeur au dedans. Le noble berger qu'on attend Louera Julie en fin de compte
De ne s'informer s'il a tant Ou même les perles de Comte. Mademoiselle Jeannie est Avant même que j'ose écrire
Celle-là qui me rend niais Par le silence de son rire. Sur le chignon blond de Jeannie Un diamant scintille à nos
Regards quand avec le génie Elle dompte les pianos. Comme elle casqué de lumière Quand viendra l'Archer pour Jeanny
Des trois je la sais la première A ne pas répondre nenni. Se souvenir désaltère Comme un fruit tard enfermant
L'émoi de notre parterre Avec Madame Normant. Soyez la Prieure obéie Dans ce gré charmant que plusieurs
Vous érigent une abbaye De leurs élans intérieurs. L'hiver qui brille aux châtaigniers Sème les marrons froids s'il vente
Sans que vous-même n'éteigniez Les feux de l'Amitié fervente. Mieux vaudrait ne pas écrire Sur des bonbons vils qu'on sert
A celle-là dont le rire Franc est lui seul un concert. Succède-nous improvise Congrûment Monsieur Tintin
A ces bonbons leur devise Autre rimeur galantin. Mil huit cent quatre vingt neuf Ne saurait sans un blasphème
Exprimer de souhait neuf A vous, Madame, la même. Qu'une année au léger vol Comme étrennes, apparie
Repos ou santé pour Paul Et le rire de Marie. Le souci qui toujours varie L'an nouveau saura l'apaiser
Si Claire aux deux fronts de Marie Et de Paul met son clair baiser. L'hiver vous bravez la neige
Glace les fruits imprudents Que contre elle ne protège Pas une flamme au dedans. Mûris en azur barbaresque
L'envoi n'est pas ce que je veux Acceptez des fruits couleur presque De la gloire et de vos cheveux. Vanité le verger qui dore
Tel fruit ou le glace aux hivers L'heureux Rodenbach sait enclore Sa vie entre vous et des vers. Touchez à l'heure poursuivie
Fructidor avec Messidor Où Qui fut constante à la vie En devine choir les fruits d'or. Le Temps
nous y succombons Sans l'amitié pour revivre Ne glace que ces bonbons A son plumage de givre.
Aujourd'hui l'amitié triche Comme un crabe nous voulons Que cet An de la bourriche Pour vous sorte à reculons.
Paris qu'un jugement décore Présenterait sur le chemin Vers vous belle et plus simple encore Une pomme de chaque main.
Comme un délicieux effet Ou, je dirai plus, en échange Du soleil que votre cœur fait Considérez la fauve orange.
Un an qui succède à l'autre Toujours nous tend pensez-y Ce fruit par le froid saisi
Comme mon cœur ni le vôtre. N'allez si vers la main pend Quelque fruit pour un partage L'offrir vous interrompant
Édouard ceint le seul feuillage. Un parisien compliment Dans ces oranges on insère A vous ici tout uniment
Redevenus des fruits de serre. Sur un rameau vers vous incliné par Marie Pas plus que l'amitié ce fruit d'or ne varie. Toute gracieuseté qu'on fit
Se change l'hiver en fruit confit.
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