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1881

AUTOUR D'UN MIRLITON

Stéphane MALLARMÉ

Tous de l'amitié. Sans ça l'on Ne saurait orner mon salon J'ai, sur ce mirliton rêveur Ma devise « Evans for ever»

Augusta Holmes m'accommode Comme femme et même comme ode Coppée, aussi je le reçois, Reste l'honneur du vers François

Sur Pégase palefroi Jean est muse et Berthe, Roy Je ne connais rien de funeste A nos vertus comme Geneste

Madame François, de son nom Mina A m'aimer un peu se détermina Sans être femmiste ou damard On en tiendrait pour Hadamard

Dupray, jouvenceau ; qu'on nomme Mal ici le vieux Bonhomme A nos «five», Hortense Schneider Ôte sa pelisse d'eider

Quel chignon topaze ou saur Subjugue à présent Champsaur ? Ta fontaine, Évian, pleure sur le gravier Le pied évanoui de Madame Gravier

Comme un yacht princier Marie Magnier va sans avarie Notre rire aux notes soumis Fera de nous mille Roumis

Je crois, sans qu'on m'en ait conté Plaire à Rosine Labonté Le cœur me bat trop s'il est ausculté Par Fournier, flambeau de la Faculté

A fleurir s'est, chez Edmond, décidée Une multiple et bizarre orchidée Portalier un cœur ; mais de seins Pas plus que tous les médecins

Je m'accoude dans le bain Aimant entendre Robin Quelquefois je nomme Adrien Marx mon docteur, quand je n'ai rien

Reine pour la simple Élisa Sa ferveur me fleurdelisa Mon goût correct s'est gendarmé Contre ces vers de Mallarmé

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