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1889

Tentations

Maurice MAETERLINCK

Ô les glauques tentations Au milieu des ombres mentales, Avec leurs flammes végétales Et leurs éjaculations

Obscures de tiges obscures, Dans le clair de lune du mal, Éployant l’ombrage automnal De leurs luxurieux augures !

Elles ont tristement couvert, Sous leurs muqueuses enlacées Et leurs fièvres réalisées, La lune de leur givre vert.

Et leur croissance sacrilège, Entr’ouvrant ses désirs secrets, Est morne comme les regrets Des malades sur de la neige.

Sous les ténèbres de leur deuil, Je vois s’emmêler les blessures Des glaives bleus de mes luxures Dans les chairs rouges de l’orgueil.

Seigneur, les rêves de la terre Mourront-ils enfin dans mon cœur ! Laissez votre gloire, Seigneur, Éclairer la mauvaise serre,

Et l’oubli vainement cherché ! Les feuilles mortes de leurs fièvres, Les étoiles entre leurs lèvres, Et les entrailles du péché !

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