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1889

Ronde d’ennui

Maurice MAETERLINCK

Je chante les pâles ballades Des baisers perdus sans retour ! Sur l’herbe épaisse de l’amour Je vois des noces de malades.

J’entends des voix dans mon sommeil Si nonchalamment apparues ! Et des lys s’ouvrent en des rues Sans étoiles et sans soleil.

Et ces élans si lents encore Et ces désirs que je voulais, Sont des pauvres dans un palais, Et des cierges las dans l’aurore.

J’attends la lune dans mes yeux Ouverts au seuil des nuits sans trêves, Afin qu’elle étanche mes rêves Avec ses linges lents et bleus.

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Ronde d’ennui · Maurice MAETERLINCK · Poetry Cove