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1889

Heures ternes

Maurice MAETERLINCK

Voici d’anciens désirs qui passent, Encor des songes de lassés, Encor des rêves qui se lassent ; Voilà les jours d’espoir passés !

En qui faut-il fuir aujourd’hui ! Il n’y a plus d’étoile aucune : Mais de la glace sur l’ennui Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège ! Voyez les malades sans feu, Et les agneaux brouter la neige ; Ayez pitié de tout, mon Dieu !

Moi, j’attends un peu de réveil, Moi, j’attends que le sommeil passe, Moi, j’attends un peu de soleil Sur mes mains que la lune glace.

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